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Voulez-vous moins de crimes sexuels ? Défendez la libéralisation de la pornographie et de la prostitution

16/06/2020

Cet article a été originellement publié le 22 Mai 2020 sur le blog oratio-obscura. Il est reproduit partiellement ici avec l'aimable autorisation de l'auteur. 

 

Comme disent les Britanniques : "politics make strange bedfellows", ce qui signifie à peu près : « la politique fait des compagnons de lits improbables. »

Le vieux puritanisme sexuel de droite est de nos jours épaulé par les « bonnes » intentions de gauche -celles-là même qui pavent la route vers l’Enfer. La « décence » pour les uns, la libération de la femme éternellement « opprimée » pour les autres, motivent la persistance ou la multiplication des lois pénales frappant la pornographie et la prostitution.


On a beau leur dire que des adultes consentants doivent pouvoir choisir ce qu’ils veulent faire de leurs propres corps ; on a beau leur rappeler encore et toujours que les vices ne sont pas des crimes ; c’est littéralement plus fort qu’eux : ils ne veulent pas calmer les pulsions liberticides engendrées par leur aversion morale vis-à-vis des comportements sexuels qu’ils n’aiment pas. Que des prostituées puissent décrire leur profession avec délicatesse et poésie ; qu’en France, 98 % d’entre elles s’opposent à la pénalisation de leurs clients et ne veulent pas être « libérées » de force, tous ces faits n’existent pas à leurs yeux.

L’approche des prohibitionnistes est en général toute faite d’une pensée-slogan qui consiste à se plaindre du fait que : « ne pas interdire ces activités envoie un mauvais signal à la société ». Même si on admettait qu’elles soient par nature mauvaises, cette théorie de l’encouragement des activités non-interdites repose sur une compréhension désespérément simpliste de la psychologie humaine. C’est une banalité de le rappeler, mais un comportement légal n’est pas la même chose qu’un comportement encouragé ou valorisé par la société. En outre, la légalisation d’une consommation ou d’une pratique n’a pas nécessairement pour effet d’accroître le nombre de gens qui recourent à ladite consommation ou activité. C’est par exemple ce que montre cette étude sur la consommation de cannabis en Australie : 5 ans après la dépénalisation, la consommation n’a pas connu de variations significatives. En somme, ce n’est pas parce que je ne serais plus puni, demain, de faire telle chose, que cela va créer chez moi une motivation à faire ladite chose.

Les paniques morales sur ces sujets paraissent donc bien à côté de la plaque. Et pourtant, rien de semble pouvoir faire entendre raison aux prohibitionnistes. Faut-il alors se résigner à échanger avec eux jusqu’à la fin des temps des quolibets rageurs par réseaux sociaux interposés ? Ou bien peut-on, à force de créativité philosophique, produire des arguments susceptibles de leur faire admettre que, tout compte fait, la criminalisation n’est pas la situation la plus conforme au bien de la société ? 

Il me semble avoir enfin mis au point un argument de ce genre.

Je crois que toute personne raisonnable admettra que, toutes choses égales par ailleurs, nous vivrions dans un monde meilleur si moins d’hommes, de femmes et d’enfants étaient victimes d’agressions sexuelles et de viols. 

Je crois que nous admettrions encore, même un peu à contrecœur, qu’il demeure préférable de supprimer certaines institutions dressées contre des maux de moindre importance, si cela pouvait permettre d’éviter ces maux majeurs que sont les agressions et les viols.

Or, la légalisation de la consultation de pornographie, comme celle de la prostitution, sont exactement conformes à ce schéma.

Des études citées par le journaliste américain Michael Castleman ont montré que, dans de nombreux pays, la légalisation de l’accès à la pornographie avait eu pour effet de réduire le nombre de viols et d’agressions sexuelles. Des études américaines et hollandaises montrent le même type de lien causal dans les zones où la prostitution a été dépénalisée. Le mécanisme explicatif est simple à comprendre: lorsque les individus disposent de possibilités de satisfaire leurs besoins sexuels de façon non-violente, ils sont moins tentés d’agresser autrui. La légalisation de l’accès à la pornographie et de la prostitution ont donc des vertus démontrées en matière de réduction de la criminalité.

Si les prohibitionnistes ne veulent pas se rendre à un argument aussi fort, cela signifie que non seulement ils sont prêts à « libérer » autrui de ses « vices » par la violence de la répression étatique, mais qu’en plus, ils préfèrent un monde dans lequel davantage d’hommes, de femmes et d’enfants seront violés. Il est évident qu’une telle préférence est totalement immorale et contraire au bien public. 

Les conservateurs autoritaires, traînant un puritanisme qui n’a même plus le charme désuet de la bienséance victorienne, nuisent à des choses qui importent bien davantage que la « décence » : la sécurité, la préservation de l’intégrité physique et morale des personnes, le maintien de la responsabilité individuelle (c’est-à-dire le fait de supporter les conséquences de ses propres choix). 

Les néo-féministes gauchistes, égalitaristes et misandriques, qui soutiennent la prohibition, sont elles aussi les ennemies objectives, non seulement de la liberté, mais encore du progrès de la condition féminine. À l’échelle mondiale, 80 % des personnes qui se prostituent seraient des femmes. C’est qu’il y a toujours des férocités cachées sous les mirages humanitaires de la gauche.

S'il est de douces folies, il en est aussi qui sont criminelles. Une fois de plus, la prohibition est un échec. La perpétuer est une faute politique. La prohibition ne protège personne. Pire: elle ne met pas seulement en danger les personnes qui se prostituent, mais aussi d’autres individus qui finiront par être victimes de crimes qui auraient pu être prévenus avant même qu’ils ne naissent dans l’esprit de leurs auteurs. Si les prohibitionnistes sont vraiment attachés à la dignité des plus faibles, comme ils le prétendent, alors la raison leur impose de préférer ce qui évite les atteintes les plus irréparables à l’intégrité d’autrui. Ils doivent donc renoncer à la prohibition, au profit du strict respect de la liberté individuelle.

 

Sources (une traduction de ces sources est disponible sur le billet de blog d'origine) :

 

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