Pourquoi le Parti Libertarien participe à la Marche des Fiertés ?

Drapeau gasden lgbt

Le samedi 3 octobre, le Parti Libertarien participera à la Marche des Fiertés de Paris. Certains s’en étonnent. C’est pourtant cohérent avec ce que nous défendons depuis toujours, et ça mérite une explication claire.

Nous défendons la liberté individuelle de chaque personne, sans distinguer ni juger ses pratiques, qu’elles soient perçues comme progressistes ou conservatrices. Pour comprendre pourquoi ce principe nous conduit directement à la Marche des Fiertés, reprenons d’abord ses origines.

Une lutte libertarienne avant d’être une lutte de gauche

Tout part du 28 juin 1969, au Stonewall Inn, un bar de New York. Ce soir-là, la police fait une descente de plus dans ce bar fréquenté par des personnes homosexuelles, lesbiennes et trans. Ce qui s’y passe, c’est simplement des adultes consentants qui se retrouvent, dans un lieu privé, pour exercer leur liberté d’association. L’État s’y invite quand même, parce que ce que ces personnes faisaient de leur vie privée déplaisait au pouvoir en place. Cette nuit-là déclenche plusieurs jours de révolte, et un mouvement mondial qui continue aujourd’hui.

Avant d’appartenir à un camp politique, c’est une histoire d’ingérence de l’État dans la sphère privée. Rien ne pourrait être plus libertarien : l’État n’a rien à faire dans la chambre à coucher ni dans le bar de qui que ce soit. La Marche des Fiertés est aussi, chaque année, une commémoration de cette lutte-là.

Ce que nous ne défendons pas

Nous ne sommes pas naïfs sur ce que la Marche est devenue. Une partie des revendications portées aujourd’hui par certaines organisations n’a plus grand-chose à voir avec ce principe fondateur : quotas obligatoires en entreprise, formations imposées aux employeurs, financements publics massifs à des associations. Ce sont des demandes de contrainte et de redistribution étatiques, pas des demandes de liberté. Le Parti Libertarien ne les portera jamais, et nous ne défilons pas pour cautionner tout ce qui se dit ailleurs dans le cortège.

Mais ce n’est pas une raison pour déserter le terrain. C’est une raison d’y être avec notre propre message, sous nos propres couleurs.

Pourquoi notre présence compte

Si les libertariens désertent ce terrain, un seul camp politique reste visible dans l’espace public, et une idée fausse continue de circuler : qu’il faudrait être de gauche pour ne pas être homophobe. Beaucoup de gens ne partagent pas le programme de la gauche radicale, mais se sentent obligés de s’y associer faute d’alternative visible, parce que l’autre bord leur paraît hostile. Notre présence, sous notre propre bannière, montre qu’une troisième voie existe : défendre la liberté individuelle sans souscrire au collectivisme. C’est en désertant un terrain qu’on en abandonne le monopole à ceux qui l’occupent déjà.

C’est aussi, très concrètement, un coup de communication. Devant plusieurs centaines de milliers de personnes et des caméras, c’est l’occasion de sortir de l’image caricaturale du libertarien qui ne penserait qu’à payer moins d’impôts, et de montrer un mouvement qui défend une liberté individuelle réelle, cohérente, et qui ne s’arrête pas aux frontières de la France.

Car cette cohérence a une dimension internationale que nous prenons très au sérieux. En Russie, le mouvement LGBT est officiellement classé comme organisation extrémiste. Dans plusieurs pays, on emprisonne ou on exécute encore des personnes sur le simple soupçon d’homosexualité. C’est le même arbitraire d’État qui frappe des personnes différentes pour des raisons différentes, et la solidarité libertarienne ne s’arrête pas à nos frontières. Marchons pour ceux qui ne peuvent pas le faire.

Nous y allons pour rappeler que la liberté n’appartient à personne en particulier, et surtout pas à ceux qui voudraient nous faire croire que la défendre, c’est forcément se ranger sous une bannière qu’on n’a pas choisie.

Nos revendications

Parce qu’il reste, dans le combat LGBT+ d’aujourd’hui, des causes qui sont exactement les nôtres, et que peu de partis portent avec cohérence :

  • Sortir la PMA du monopole d’État. Aujourd’hui, seuls des centres autorisés par l’État peuvent la pratiquer, aucune clinique privée n’en a le droit. Résultat : des délais d’attente qui dépassent parfois un an. Ouvrir la pratique résoudrait la pénurie que l’État a lui-même créée.
  • Arrêter de fixer par décret l’âge auquel une femme a le droit de congeler ses ovocytes. La loi impose aujourd’hui une fenêtre stricte de 29 à 37 ans, sans justification médicale. C’est à chacune, et à elle seule, de décider ce qu’elle fait de son corps.
  • Permettre le statut de beau-parent. Aujourd’hui, le compagnon ou la compagne qui élève un enfant depuis dix ans n’a, par défaut, aucun droit reconnu si le parent biologique meurt ou disparaît. Un accord privé entre adultes consentants devrait pouvoir être reconnu simplement, sans procédure judiciaire au cas par cas.
  • Mettre fin à l’incohérence sur les enfants nés à l’étranger par GPA. La France l’interdit sur son sol, mais laisse dans l’incertitude juridique des enfants déjà nés et des familles déjà constituées à l’étranger. Leur filiation ne devrait pas dépendre d’un parcours judiciaire aléatoire.
  • Sortir le changement d’état civil du tribunal. Une personne trans doit aujourd’hui saisir un juge et apporter des preuves de sa vie intime pour faire corriger la mention de son sexe sur ses papiers. En quoi l’État est-il concerné par les organes génitaux des citoyens ? Une démarche administrative simple suffirait. Précisons : cela ne concerne que l’état civil, pas l’obligation faite à autrui d’adopter tel ou tel vocabulaire. Chacun est libre de se définir comme il l’entend ; personne n’est obligé d’y souscrire pour les autres.
  • Dépénaliser entièrement le travail du sexe entre adultes consentants. La loi de 2016 punit aujourd’hui les clients, et plusieurs arrêtés municipaux restreignent la libre circulation des travailleurs du sexe dans l’espace public. On a dépénalisé un adulte consentant et pénalisé l’autre : ce n’est pas une protection, c’est une attaque à la liberté d’entreprendre, de travailler et de disposer de son corps.
  • Dépénaliser l’usage du cannabis et des autres substances psychoactives. Ce que chacun fait de son propre corps, dans le cadre privé, ne regarde pas l’État.
  • Défendre, dans le monde entier, l’abolition des lois qui emprisonnent ou exécutent des personnes pour leur orientation sexuelle réelle ou supposée, et soutenir les militants LGBT persécutés comme nos homologues libertariens russes du LPR, tous deux visés par la même répression d’État.

Envie de marcher à nos côtés ou de nous aider à organiser notre présence le 3 octobre ? Inscrivez-vous via ce lien

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